Au Bonheur des ogres, de Daniel Pennac

Je me souviens de ma découverte de cette saga de Daniel Pennac. C’était en 1995, le quatrième volet, « Monsieur Malaussène » venait de sortir, en collection blanche chez Gallimard. J’avais vu une interview de l’auteur qui m’avait conquise : les précédents avaient été publiés en Série Noire (gérée au sous-sol de l’immeuble Gallimard, disait-il), là il montait d’un étage ! Et avec le sourire, il disait que peut-être, un jour, il serait édité encore à l’étage au dessus, dans La Pléiade

C’est ce qui m’a convaincu d’aller me frotter avec sa plume : cet humour plein de désinvolture et de gentillesse.

L’idée de base, aussi : Benjamin Malaussène, le héros principal de la saga, a un travail pour le moins étrange : il est bouc-émissaire dans un grand magasin… Un client pas content se plaint à la direction ? Devant ce même client, la direction lui passe un savon, et le tour est joué ! Comme il avait l’art de toujours se trouver au mauvais endroit au mauvais moment, et de subir des récriminations injustes, il en a fait son métier…

Mais dans ce premier roman, Au bonheur des ogres, ce don étrange d’attirer les ennuis est quand même un sacré poids : après trois explosions de bombes sur son lieu de travail, tout porte à croire qu’il en est l’auteur !

Avec une brochette de personnages attachants etune écriture efficace, la lecture de ce roman (puis de « La Fée carabine« , de « La Petite Marchande de prose« , de « Monsieur Malaussène » et d’ « Aux fruits de la passion », plus la lecture de « Des chrétiens et des Maures« , longue nouvelle où la Saga Maulaussène croise le héros des romans de Jérôme Charyn) vous emmenera tout l’été en vagabondage, le sourire aux lèvres.

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